Le Cameroun suspend la délivrance des autorisations d’exploitation minière artisanale

Le ministre camerounais des Mines, Emmanuel Bondé (photo), vient de suspendre la délivrance, le renouvellement et toutes les autres transactions sur les autorisations d’exploitation minière artisanale sur l’étendue du territoire. La décision prise le 14 mai 2014, apprend-on de bonnes sources, va courir sur une période de six mois, c'est-à-dire jusqu’en novembre 2014.

Cette mesure conservatoire, renseigne-t-on dans ce département ministériel, vise à mettre un terme à la cacophonie observée autour de l’exploitation minière artisanale dans le pays. «La décision du ministre fait suite à un rapport qu’il a reçu à l’issue d’une visite globale que nous avons conduite dans la région de l’Est. Il est apparu, pendant cette visite, que plusieurs opérateurs nantis de permis de recherche étaient immédiatement passés à la phase d’exploitation, et que cette exploitation était irrespectueuse des normes environnementales», a expliqué au quotidien gouvernemental Jean Kisito Mvogo, le directeur des mines et de la géologie au ministère des Mines.

Par ailleurs, apprend-on, l’exploitation minière artisanale au Cameroun, notamment celle de l’or et du diamant, est de plus en plus exercée par des étrangers, au mépris des dispositions légales qui confient l’exclusivité de cette activité aux nationaux. En effet, explique-t-on dans les services juridiques du ministère des Mines, un véritable trafic est né autour des autorisations d’exploitation minière artisanale, avec la complicité des nationaux.

Selon nos sources, le stratagème consiste, pour un opérateur camerounais, à obtenir en toute légalité une autorisation d’exploitation minière artisanale, qui est ensuite sous-traitée ou alors simplement vendue au prix fort à un opérateur étranger, ce dernier arborant officiellement la casquette de partenaire technico-financier de l’opérateur camerounais.

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