Côte d'Ivoire, Cameroun : les planteurs choyés

Du côté d'Abidjan, le gouvernement ne lâche pas ses producteurs, y compris pour la petite récolte qui commence en ce mois d'avril. La preuve : il a tenu à garder le même niveau de prix pour la récolte principale qui vient de se terminer. Montant : 750 francs CFA, soit 1,14 euro le kilo de fèves. C'est un fait d'autant plus exceptionnel que, d'ordinaire, le paysan doit accepter une baisse du prix bord champ pour cette deuxième récolte. Explication : les fèves sont plus petites, les quantités sont moindres, la qualité aussi. Contrairement à ce qui s'était passé l'an dernier où le prix imposé par le gouvernement était tombé à 700 francs CFA, les planteurs vont donc bénéficier du même prix pendant toute la campagne cacaoyère. Voilà qui va porter un sérieux coup d'arrêt aux filières parallèles de vente par lesquelles les agriculteurs ivoiriens écoulaient leur production, au Ghana par exemple, en raison de meilleurs prix. Selon certains observateurs, on peut même s'attendre à ce que cette petite récolte soit la deuxième plus abondante depuis dix ans. Pour les planteurs, c'est un soulagement. Pour le marché international aussi. Il faut dire que la crainte d'un nouveau déficit de fèves conduit les prix à un niveau assez insupportable, comme pour ce mois de mars où la tonne était à près de 1 900 livres sterling à la Bourse de Londres.

Un cercle vertueux s'est fait jour en Côte d'Ivoire, mais aussi au Cameroun

Du côté du Cameroun, un cercle vertueux s'est également mis en place. Au cours du premier trimestre, le prix du kilogramme proposé aux planteurs est passé de 1 000 francs CFA en février à 1 200 francs CFA à la fin mars. Aussi, à la Société de développement de cacao (Sodecao), on se félicite de la situation en cette période de basse saison. Explication : l'année dernière, à la même époque, le prix moyen oscillait entre 800 et 1 000 francs CFA. Tous les espoirs sont donc permis, car si cette tendance à la hausse se confirme, le prix moyen pratiqué lors de l'exercice écoulé, soit 1 500 francs CFA le kilogramme, pourrait être atteint, voire dépassé. Résultat : après avoir produit 235 000 tonnes de cacao l'année dernière, le Cameroun espère une production d'environ 300 000 tonnes en 2014 grâce à l'introduction par la Sodecao de nouveaux plants plus productifs. Dans les milieux cacaoyers camerounais, on voit grand. Quatrième producteur de cacao du continent après la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Nigeria, le pays ambitionne d'améliorer son rang. À l'horizon 2020, il vise les 600 000 tonnes. Un sacré pari.

Par Malick Diawara http://www.lepoint.fr/afrique/economie

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