Cameroun : Lancement d'un programme de 26,5 milliards FCFA pour l'amélioration de l'éducation

Huit ans après l'atteinte en 2006 du point d'achèvement de l'initiative en faveur des pays pauvres et très endettés (PPTE) de la Banque mondiale après de rudes programmes d'ajustement structurels ponctués de licenciements à la fonction publique et de privatisations d'entreprises publiques, le Cameroun a peu progressé dans la qualité de son système éducatif, selon le constat général.

En dépit des efforts consentis par les pouvoirs publics pour augmenter les infrastructures d'accueil, l'offre scolaire demeure insuffisante, une situation étayée par une proportion forte d'enfants obligés de parcourir des kilomètres à pied pour se rendre à l'école la plus proche. Ceci explique souvent des taux de déperdition scolaire élevés.

Comme le ministre délégué auprès du ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire, Abdoulaye Yaouba, dans son allocution mardi, les autorités se ne s'en cachent pas non plus pour reconnaître un déficit chronique en personnel enseignant, cause de mauvais résultats et de baisse de niveau des élèves.

En plus des disparités entre les régions, "la scolarisation des filles connaît un retard considérable surtout dans les régions septentrionales (Adamaoua, Nord et Extrême-Nord) et à l'Est", a en outre souligné le ministre Yaouba mentionnant par ailleurs l'insuffisance des manuels didactiques où l'on constate pour l'heure l'utilisation d'un livre pour 12 élèves.

Parmi les raisons qui expliquent ces carences structurelles, l'évaluation officielle indique que le système éducatif camerounais reçoit un volume relativement faible de ressources de la part de l'Etat, porté à 3,2%.

Prévu pour une mise en oeuvre de quatre ans, entre 2014 et 2018, le Programme d'amélioration de l'équité et de la qualité de l'éducation au Cameroun (PAEQUE) vise à promouvoir l'efficacité et l'efficience dans ce système, en renforçant la gouvernance administrative et en garantissant aux enfants surtout les plus défavorisés et aux jeunes filles un meilleur accès à l'éducation en veillant sur leur rétention dans l'enseignement primaire et en favorisant le recrutement des enseignants qualifiés.

Ce projet découle du Partenariat mondial pour l'éducation (PME). Dans le document de présentation, les partenaires financiers émettent cependant des doutes sur l'atteinte des résultats escomptés, en raison de la corruption qui gangrène l'administration camerounaise et en particulier le secteur de l'éducation.

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