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Cameroon Business Connections

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Le Blog de Georges BAKANG pour l'Accompagnement des Entreprises et des Particuliers dans leurs Démarches d'Implantations et d'Investissement au Cameroun.


Construire au Cameroun: La conception du projet

Publié par Bakang Georges sur 26 Novembre 2015, 12:26pm

Catégories : #Analyses

Construire au Cameroun: La conception du projet

Conception: seul l’argent manque

Sur le terrain, dessinateurs, ingénieurs et architectes sont disposés à accompagner les projets de construction.

Il n’y a pas de doute : ce dessinateur en bâtiment, dont l’enseigne en carton barre la devanture d’un local en planches, à l’entour du stade omnisports de Yaoundé, revoie à la légende du cordonnier toujours chaussé de manière incorrecte. L’atelier de Patrice Onguena, 59 ans, ne dispose que d’une table vitrée, et de deux chaises. Le papier mural, qui donne un peu de gaieté au décor a perdu de son éclat. Mais, sur un pan de la pièce, il montre une image présentant une villa cossue, construite en 1986, à Bastos, le quartier des missions diplomatiques. C’est l’illustration de son premier marché. Le propriétaire de cette construction l’avait sollicité, à travers un ami. En deux jours, Patrice, qui fit son apprentissage au sein de l’Entreprise générale du bâtiment (EGB), avait réussi à remplir son contrat, en proposant un plan conçu selon les règles.

L’histoire de ce technicien et de son client schématise un passage obligé : si l’on excepte des cases montées dans les zones rurales, sur la base des techniques héritées de la tradition, et certains promoteurs adeptes du système D, force est de reconnaître que dessinateurs, ingénieurs de structures et architectes sont incontournables quand il s’agit de construire de manière sécuritaire et durable. Leurs aptitudes dans le domaine aident à transformer des rêves en réalité, en tenant compte de l’avenir.

Les dessinateurs, ceux ayant pignon sur rue, tout comme ceux de l’informel, occupent le terrain à travers un système de prospection : " L’expérience joue et la notoriété aussi. Parfois aussi, il faut aller de ministère en ministère. Il faut attaquer au niveau des tontines, pour y chercher des membres qui s’apprêtent à lancer leurs travaux ", indique Patrice Onguene. Au quartier Nlongkak, en face du ministère des Relations extérieures, des sans-emploi campent là, dans l’attente d’éventuelles propositions. Des dessinateurs en bâtiment font partie du groupe. C’est le cas de Bessala Jules, qui traîne un sac de matériels, lui permettant d’esquisser, sur place, un plan. " La crise est réelle. Pour un immeuble à deux niveaux, je peux accepter 100 000 FCFA ", avoue-t-il.

Même du côté des architectes, que l’on peut consulter simplement, en parcourant les rubriques professionnelles de l’annuaire téléphonique, la tendance est aussi à l’accompagnement des Camerounais qui souhaitent disposer d’un toit. " Il ne faut pas seulement voir les grandes constructions. L’architecte est disposé à donner des conseils, et même à réduire ses honoraires à un petit forfait ", révèle Jean-Jacques Kotto, architecte à Yaoundé. Pour une villa dont le coût s’élève à 5 millions par exemple, ce forfait peut se situer à 100 000 FCFA.

Mais de plus en plus, les études d’architectes subissent la dure concurrence exercée par certaines structures fonctionnant comme " des guichets uniques " du secteur de l’habitat. Ces établissements créés par des diplômés d’écoles d’ingénieurs rassemblent toutes les compétences dont on a besoin pour élever une maison. Le label Solidmaison, né en 1996, en est une démonstration. " Nous avons des ingénieurs de structures, des architectes, des électriciens et tous les techniciens utiles ", insiste Arthur Appolinaire Noumbi, le président du groupe. L’objectif ? " Une belle maison pour tous, et à des prix raisonnables. " Pour mettre en exergue sa vocation de " bâtisseur social ", cette initiative s’engage, d’ici peu, à monter gratuitement des plans pour tous les militaires ayant été au front, à Bakassi.

Au vrai, dans la conception et l’exécution, seul l’argent manque.

Luc ANGOULA NANGA

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